Et si mon mec était une femme ?

L’autre soir, alors que je venais de me coucher, je me repassais mentalement toutes les tâches que j’aurais à faire pour le lendemain.

Aller faire les courses, appeler EDF, acheter un cadeau pour belle maman, rachetez des croquettes pour Ronron, pensez à tondre le jardin ce week-end, déposez les chèques à la banque… Dans ce nuage de tâches, toutes plus pénibles les unes que les autres, je me suis prise à rêver à de jours meilleurs.

Des jours où mon mec serait une femme.

Ce serait un maniaque du ménage, il s’énerverait à la moindre miette par terre. Je retrouverais le tube de dentifrice rebouché et toujours à sa place, l’évier propre et vide de tous poils de barbes et la cuvette des wc toujours rabaissée. Il allumerait des bougies et de l’encens pour purifier la pièce, soit disant.

Je serais surprise que le frigo soit plein, de fruits et légumes de saison, de jus bio et de tofu. Le jardin serait parfaitement tondu, il aurait même eu le temps (entre deux tâches ménagères) de planter trois rangées d’oignons rouges dans notre petit potager.

On passerait des week-ends entier à faire les boutiques et à se conseiller franchement. Non ma chérie, ce haut à motif ne te va pas du tout au teint. Il aurait pensé à souhaiter l’anniversaire à sa sœur et à acheter un super cadeau à sa mère, avec une petite carte et des mots doux.

Comme chaque année, il organiserait les vacances d’été en prenant soin de faire plaisir à toute la petite famille. Je n’aurais plus à me baisser pour ramasser les slips sales qui traînent encore sous le lit, ni même pour faire fuir les moutons de poussières. Non, parce qu’il aura pensé à passer l’aspirateur, mardi soir, lorsqu’il a fini tôt. Les seules fois où je me pencherais sous le lit, ce serait pour retrouver la boite de jeux coquins qu’il m’a offerte à la Saint Valentin.

Un soir, il me lancerait « Fais tes valises, je t’emmène en week-end, j’ai prévenu ton boss et ta mère passera nourrir le chat et arroser les plantes ».

Le jour de mon anniversaire, il me ferait le cadeau parfait, celui que j’ai tant désiré, sans que j’ai eu besoin de lui faire une liste. Il aurait même réservé un super resto pour nous et nos amis.

Mais si mon mec était une femme, il insisterait pour venir au yoga avec moi et pour participer aux soirées filles potins & commérages du jeudi soir. Au bout de deux verres, il serait pompette, et insisterait pour rentrer parce qu’il se sent mal. Je ne pourrais plus me déplacer sans qu’il soit dans mes pattes à parler du dernier RAL à la mode ou de cette blouse à rayures qu’il vient de voir dans la vitrine du magasin qu’on vient de passer.

Il insisterait pour qu’on se mate, pour la énième fois, Sex & The City, j’en ferais presque une overdose.

Il y a même certains soirs, alors que je rentrerai un peu en retard sans l’avoir prévenu, il bouderait pendant trois jours. Jusqu’à ce que je finisse par lui tirer les vers du nez. Et alors que j’insisterais pour qu’on se réconcilie sur l’oreiller, il m’enverrait balader prétextant un sacré mal de crâne.

Soudain, il vient se coucher et se glisse sous les draps, me sortant de mes rêveries. Je me colle à son corps toujours brûlant pour réchauffer mes pieds toujours glacés. Un jour, il faudra que je lui parle de charge mentale, mais en attendant, je lui souffle à l’oreille « Merci d’être là ».