Pourquoi La Chronique des Bridgerton est une série féministe ?

L’autre fois je me baladais sur Instagram (comme nous tous hein) et j’ai vu un post qui disait que La Chronique des Bridgerton était tout sauf une série féministe.

Je sais qu’on voit pas mal de bullshit sur les réseaux et chacun y va de son petit avis. Moi y compris. Le lendemain matin, je me suis donc réveillé en y repensant. Je n’étais pas d’accord du tout. Bien au contraire. Je vais vous dire pourquoi. 

Pour celleux qui n’ont aucune idée de ce que je raconte, La Chronique des Bridgerton est une série Netflix à la mode et inspirée des livres de Julia Quinn. L’histoire se passe à Londres au début des années 1800. On y suit plusieurs familles aristocratiques, dont la fameuse fratrie des Bridgerton. Pour pimenter le tout, une mystérieuse écrivaine, Lady Whistledown rapporte tous les ragots dans une chronique régulière que tous se délectent de lire.

Bon, au premier abord, ce genre de série n’est pas du tout ma tasse de thé. Je me suis mise à la regarder en faisant un peu de vélo d’appartement, histoire de passer le temps. Mais j’y ai rapidement pris goût.

Pourquoi ?

POURQUOI LA CHRONIQUE DES BRIDGERTON EST UNE SERIE FEMINISTE ?

On ne va pas se leurrer. La première raison, c’est le Duc d’Hastings (interprété par le très canon Regé-Jean Page). Mais c’est aussi et surtout parce que la série dépeint des caractères féminins forts et inspirants.

Il faut se remettre dans le contexte. À l’époque, les jeunes filles et leur chère mère n’avaient qu’une idée, les marier au plus vite avec un bon parti qui leur assurera une vie faste et sécure. Au milieu de cette obsession du mariage (le plus souvent sans amour), des bals et des cérémonies pour présenter les nouvelles jeunes filles en fleurs à maquer, on se rend vite compte qu’à l’époque aussi les filles avaient des problèmes comme ceux qu’on rencontre aujourd’hui. On y retrouve cette fameuse injonction au mariage et aux bébés. Cette injonction à la perfection, à la beauté et à la politesse. Croyez-le ou non, je me suis retrouvée dans certains des personnages. Moi, la nana de banlieue parisienne née dans les années 1990.

Le premier personnage que j’ai aimé et à qui je me suis le plus identifié, c’est Éloïse Bridgerton. Jeune fille bientôt en âge de se marier, qui n’en n’a aucune envie. Qui rejette les traditions avec force, qui se balade avec son carnet et son stylo. Qui rêve de liberté et d’indépendance. Une fille déjà dans l’air du temps.

Autre figure forte de la série, la Reine Charlotte, qui à coup de cérémonies, bals et compagnie passe le temps à la recherche de celle qui fera le meilleur mariage. Pourtant au fil des épisodes, on devine une grande tristesse derrière cette frivolité.

Il y a aussi Daphne Bridgerton en âge de se marier. Qui ne rêve que de trouver l’amour (le vrai) et fonder une famille. Mais pas à n’importe quelle condition.

Sans oublier, Penelope Featherington, un peu boulotte et mal dans sa peau mais bien plus maline qu’on ne le croit.

Vous l’aurez compris, cette série futile et superficielle en surface, cache en réalité des caractères féminins inspirants.

La Reine Charlotte règne sur le pays avec une main de fer alors que le roi perd totalement la boule. La mère des Bridgerton, une veuve assez discrète, gère pourtant pleine d’amour et de bienveillance ses huit enfants. Sans oublier, Siena Rosso, la chanteuse d’opéra ou encore la modiste, Mme Delacroix, qui mènent leur vie comme elle l’entende à coup de soirées dépravées. Je pense aussi à Lady Danbury, très progressiste et moderne pour l’époque. Qui organise discrètement de supers fiestas entre femmes mariées où elles jouent et picolent à n’en plus finir pour oublier leur mariage presque forcé. Ou encore à Lady Featherington, prête à tout pour sauver sa famille de la disgrâce. Même au pire manigances.

Mais alors, les personnages masculins, ils sont où dans l’histoire ?

Ils sont bien présents. Eux sont peut-être moins nuancés que les personnages féminins. Un peu plus caricaturés et pas forcément décrits sous leur meilleur jour. Il y a d’abord, le fameux Duc de Hastings, traumatisé par un père distant et détestable qui ne souhaite pas avoir d’enfants. Le frère de Daphne, Anthony Bridgerton qui essaye (sans y parvenir) de trouver le meilleur parti pour ses sœurs, mais qui n’hésite pas à batifoler avec la chanteuse d’opéra de qui il est épris. Sans oublier Lord Featherington accro au jeu qui mène tout droit sa famille à la banqueroute. On se rend compte que les hommes aussi ont leurs préoccupations, bien loin du mariage et du foyer. La plupart passent leur temps à noyer leurs problèmes dans leur club de gentlemen entre deux verres de bourbon.

Bref, La Chronique des Bridgerton est une série qui se regarde tranquillement, mais attention, sans que vous vous en rendiez compte vous êtes déjà accro. Je vous laisse la (re)découvrir (ou pas). Quoi qu’il en soit, moi j’attends avec grande impatience la saison 2. Et en attendant qu’elle arrive, je vais me faire un petit tea !

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