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L’histoire (compliquée) de ma reconversion.

Hier, j’ai dis bye bye à l’univers du salariat pour me lancer dans la micro-entreprise, c’est pourquoi j’avais envie de faire un petit retour en arrière sur ma reconversion professionnelle, les hauts et les bas, les défaites et les victoires.

Si vous vous souvenez bien, je vous avais parlé de ma première carrière dans la petite enfance.

J’avais promis de vous parlé de ma reconversion dans le digital, chose que je n’avais pas pris le temps de faire. (Cet article va être plus long que prévu haha!)

Après avoir quitté la crèche en août 2016, me voilà inscrite comme demandeuse d’emploi à notre cher et tendre Pôle Emploi.

J’avais droit à 2 ans d’ARE (Allocations de Retour à l’Emploi) en m’assurant d’avoir droit à un salaire minimum.

L’été précédant mon départ de la crèche, je m’étais inscrite en BTS Tourisme en alternance, j’avais passé le concours, j’étais prise à l’école, il ne me restait plus qu’à trouver une alternance…et c’est là, ça se corse.

Quand vous avez 26 ans, on vous rit au nez quand vous osez demander un poste en alternance. Pourquoi ? Parce que l’employeur vous doit un SMIC contrairement à un(e) petit(e) jeune de 18 ans qu’il ne payera que 500€/mois. Et même si vous avez l’expérience de la vie professionnelle et que vous êtes ultra motivée. Ça, l’employeur s’en fout.

J’avais pourtant réussis à trouver une place en tant que standardiste dans un hôtel chouette dans un quartier sympa de Paris. J’y ai fait une journée d’essai, avec des filles très sympas. Mais voilà, c’était pas tout à fait ça que je voulais faire, et comme j’avais encore le luxe de refuser. Je l’ai fait. J’ai dis non.

Leçon n°1 : N’acceptez jamais la facilité. Vous vous en voudrez.

Si vous ne l’aviez pas encore compris, quand vous entamez une reconversion professionnelle vous sortez de votre zone de confort. C’est difficile et ça fait peur. Vous savez ce que vous quittez, vous ne savez pas ce que vous retrouvez. Mais je vous assure une fois que vous êtes sortis de cette foutue zone, vous vous sentez pousser des ailes.

Bref, j’ai vite abandonné l’idée du tourisme. Mais avant ça et grâce à Pole Emploi j’ai pu suivre une formation d’anglais de trois mois et passé mon TOEIC, tout ça, sans rien débourser.

Leçon n°2 : Pole Emploi est votre ami ! A condition de vous débrouiller par vous même et faire vos recherches de votre côté. N’attendez pas après votre conseiller pour qu’il vous trouve le taff de rêve ou la formation parfaite. Il ne le fera pas.

Quelques semaines plus tard et après avoir mené des enquêtes métier, je suis tombé sur le métier de Community Manager. Le web, les réseaux sociaux, les blogs, ça me parlait parce qu’en réalité sans le vouloir c’était déjà mon quotidien.

Je me suis donc inscrite en formation à l’IFOCOP en décembre 2016.

Cette formation ne commençait qu’en mars 2017, et ma responsable de formation m’avait conseillé de faire un stage en immersion dans le digital puisque clairement je ne connaissais rien à ce domaine côté pro.

C’est ce que j’ai fait, et par chance, un webzine (to-do-list.fr)a bien voulu me prendre en stage pendant 2 semaines.

A savoir : avec Pôle Emploi vous pouvez faire des stages en immersion d’une durée d’1 mois maximum. Ils ne sont pas rémunérés mais clairement bénéfiques. C’est l’occasion de vous faire une idée d’où vous allez (ou non) mettre les pieds.

Ce stage, c’était le job de mes rêves, grâce à Antoine, Sophie et Mélissa j’ai pu découvrir un bout de ce monde digital, mes premiers articles sur WordPress, les relations avec les marques, les dossiers de presse, tout ces trucs que je ne connaissais pas.

Encore aujourd’hui je continues de collaborer pour le magazine, pour qui j’écris avec toujours autant de plaisir.

Leçon n°3 : Osez y aller, vous aller rencontrer des personnes géniales !

Mois de mars: je débute ma formation de Community Manager.

4 mois intenses de théorie. On nous apprend les réseaux sociaux, Photoshop, le web-marketing, l’e-pub, le référencement, le HTML…

J’ai adoré ces mois de formation, j’étais avec un super groupe. Tous issus de différents horizons mais tous là pour une raison, changer de voie.

Ce n’était pas de tout repos. J’ai dû me remettre à faire mes devoirs le soir en rentrant et à réviser le week-end.

Leçon n°4 : Quand c’est vous qui décidez de retourner à l’école, c’est beaucoup plus plaisant.

Pour valider notre formation, nous avons dû passer 4 mois en entreprise. Et là, j’ai chuté de 10 étages.

Me voici arrivée dans une entreprise assez chouette de prime abord.

Sauf que j’ai vite déchanté. J’avais un statut de stagiaire, personne ne me calculait vraiment, je ne m’étais pas intégrée et le domaine dans lequel évoluait la start-up ne m’intéressait pas plus que ça. Pourtant j’ai appris plein de choses, j’ai découvert ce que je voulais et ce que je ne voulais pas. Au bout des 4 mois, on m’a proposé un CDI, et là, rappelez-vous la leçon n°1, ne choisissez pas la facilité. Ce domaine ne m’intéressait pas et je n’avais pas envie de renoncer à ma boite de rêve pour le confort d’un CDI tout prêt.

J’ai décliné. Et finis mon stage. J’ai passé mon oral, et mes examens écrits. Et sans vouloir me vanter, j’ai cartonné. J’ai fini major de promo.

Je vous dis ça, parce que quand on veut, on peut. Je ne vous dis pas de finir major, ce n’étais pas du tout mon ambition de base, mais quand on se casse le cul, hé bah ça paye. Et ces efforts ne sont jamais vains.

A savoir : J’ai fait ma formation à l’IFOCOP sans débourser un centime grâce au conseil régional qui finance beaucoup de formations. Renseignez-vous donc, car même si les lois ont un peu changé, vous pouvez sans doute avoir accès à de nombreuses formations gratuitement. Pensez également à consulter votre CPF (Compte Personnel de Formation) où vous cumulé des heures de formations qu’il serait dommage de laissé filer. Oui, notre système français est loin d’être nul !

Me voilà donc fraîchement diplômée en Community Management.

J’ai eu, à l’époque, l’occasion de me lancer en free-lance, j’avais déjà deux clients prêts à signer avec moi. Mais je n’étais pas prête à franchir le pas.

J’avais pour ambition d’acheter une maison avec mon chéri et je savais que le statut de free était compliqué à ce niveau là. Pour moi devenir free voulait dire instabilité et précarité.

J’ai décliné et continué de chercher un CDI confortable où je pourrais faire mes preuves en tant que CM.

Je suis tombé sur LA boîte, LE job parfait. On m’a proposé un poste de Content/Community Manager dans une agence digitale qui gérait de grosses pages Facebook et Insta, comme le super Confidentielles. Le rêve. J’ai accepté de suite. Et à mon grand bonheur, je suis tombée dans une équipe super, deux nénettes ultra sympas qui m’ont accueillis à bras ouverts. Ça me changeait de l’ambiance merdique de mon stage. J’étais aux anges.

Ça a été le bonheur pendant 5 mois. J’allais au boulot avec le smile, j’avais réussis.

Puis tout s’est écroulé. On m’annonce 5 mois plus tard, qu’on doit me licencier pour des raisons économiques. Et là c’est le drame, moi qui adorait venir bosser, j’ai eu beaucoup de mal à encaisser le coup.

Leçon n°5: ne prenez jamais rien pour acquis! La vie aime les farces. Haha !

Je ne pouvais pas me permettre de redescendre à un salaire de base ARE (je venais de signer mon offre de prêt pour notre maison) alors j’ai postulé comme une folle, j’ai refait mon CV, mon book et j’ai tout donné. En l’espace d’une semaine, j’avais eu 4 entretiens. Aucun concluant. Salaire bas, pour beaucoup d’investissement. Ça s’annonçait compliqué.

Mon ancienne boss, qui s’en voulait de me dégager, m’a mise en contact avec un de ces anciens camarades de promo. Un dirigeant d’une grande entreprise de meubles, qui lançait une nouvelle marque de cosmétiques.

Je me suis dis pourquoi pas, je n’avais rien à perdre, j’ai passé plusieurs entretiens et après ma matinée d’essai j’ai été prise.

A la date qui me convenait, au salaire que je souhaitais.

Leçon n°6 : Toujours négocier votre salaire.

Ça a été quelque chose de compliqué pour moi. Toujours cette difficulté à se vendre, à savoir ce quo’n vaut et pourquoi on exige tant de salaire. Grâce à mes supers copines (elles se reconnaîtront) j’y suis aller au culot, j’ai énoncé mes qualités et mes compétences, et ça a été accepté. N’oubliez pas: vous n’avez rien à perdre, et tout à gagner.

J’ai donc débuté dans cette start-up fin novembre 2018.

Ce n’était pas ça, je ne le sentais pas. On ne me laissait rien faire, j’étais devenu une simple exécutante, aucun champ de liberté, moi qui avait fais pleins de recos (qu’on m’avait demandé), personne ne prenait en compte mon avis sur des sujets relevant pourtant de mon domaine de compétence. Je me suis dis, tant pis, ce n’est pas grave, je reste et dans quelques années je partirais. Pour devenir free-lance.

Plus ça allait et plus le statut de free me faisait de l’œil. Rester à la maison, être indépendant, choisir les projets sur lesquels on veut bosser… Ça me tentait vraiment. Mais ce n’étais pas encore le moment.

Leçon n°7 : Le bon moment n’existe pas.

Un jour, on m’a annoncé que ma période d’essai ne serait pas renouvelée.

Et là, grosse claque. Oui, la deuxième en même pas 6 mois de temps.

On me dégageait comme une malpropre. J’ai d’abord cru que c’était à cause de moi et de mon manque de compétences. Je suis rentré chez moi, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et je me suis dénigré. Ça n’a duré qu’un temps. Parce que je me suis rendue compte qu’on ne m’avait pas laissé faire mes preuves, et que donc, je ne pouvais pas être viré à cause de ça. Attention, je suis consciente que je n’ai pas autant d’expérience qu’une personne qui a 7 ans de digital derrière elle, je sais que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, et je ne demande que ça, mais là on ne m’en a pas laissé ni l’occasion ni le temps.

S’il y a bien une chose que j’ai compris c’est que, ce n’est pas parce que vous signez un CDI que vous êtes à l’abri. Moi qui cherchait de la stabilité, je me suis faite virée de deux CDI.

J’avais deux choix: me morfondre ou avancer.

J’ai vu cette dernière épreuve comme un signe. C’est le moment de tenter le free. Si je dois galérer autant le faire depuis mon canapé et éviter de me coltiner 3 h de transport par jour.

Me voilà donc aujourd’hui prête à devenir micro-entrepreneuse.

Je sais que ça ne va pas être simple et qu’il va falloir que je me bouge le cul sévère. Mais je n’ai plus peur.

Ces trois ans, depuis que j’ai quitté la crèche, je ne les regrette pas. J’ai beaucoup appris sur moi, sur ce que je pouvais faire , j’ai rencontré des gens supers, je me suis fait de nouveaux amis , j’ai découvert un domaine qui me plait, en pleine évolution et bourrés de challenges.

Je sais qu’il me reste plein de choses à apprendre, mais je ne regrette en rien d’avoir quitté un travail qui ne me convenait plus.

Même si c’est pas toujours simple, ça vaut le coup.

Je sais que je peux déplacer des montagnes si je le veux.

Alors si vous aussi, vous ne supportez plus ce travail, si c’est une corvée d’aller bosser, réveillez-vous. Vous n’avez qu’une vie, ce serait con de passer à côté !

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