Sacha Sperling

« Je pense à Augustin. Il faut accepter que ma vie soit vide de moi et pleine de lui.
L’extérieur est trop loin. Il faut se rapprocher de la vie. La vie au dehors. Il est urgent de vivre. »
« Nous sommes arrogants au point de défier la vie en nous gâchant chaque jour un peu plus. Nous. Nous faisons l’amour avec la musique. Nous respirons comme on chante. Nous dansons comme nous jouissons. Et ça dure, ça nous emporte… »
« -Si les gens avancent si lentement, c’est qu’ils ne savent pas où ils vont.
-C’est con ce que tu dis.
-Ha oui? Dis moi si tu avais le choix, où voudrais tu être, là, maintenant?
Je réfléchis. Je n’arrive pas à trouver un seul endroit où je voudrais être, un seul lieu où je me sentirais bien. Il poursuit.
-Laisse moi te dire, tu ne sais pas où tu voudrais être parce que t’es comme moi, comme eux.
Il me montre du doigt les gens dans la chambre.
-Parce que tu n’as aucun désir qui puisse te transporter ailleurs. Aucun but. Tes plaisirs sont des trêves, faciles et rapides. Tu as tout pourtant et tu te retrouves peu à peu le cœur vide et la tête pleine d’images violents qui seules peuvent te rappeler que tu es en vie. D’ailleurs, tout ce que tu fais, absolument tout, c’est pour te prouver que tu vis. »
«C‘est dur d’imaginer le chemin qui reste à parcourir quand on a perdu la seule personne qui vous permettait de tout affronter. D’autres accompagneront Sacha sur sa route, mais on ne pourra plus lui faire croire qu’elle mène quelque part. Devenir adulte c’est admettre qu’il n’existe pas d’ailleurs. Devenir adulte, c’est admettre qu’on va mourir, non? »
Sacha Sperling, Mes illusions donnent sur la cour.