Autres

« -Vous essayer de me parler d’amour, Marcus, mais l’amour, c’est compliqué. L’amour, c’est très compliqué. C’est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L’amour ça peut faire très mal. Vous ne devez pas pour autant avoir peur de tomber, et surtout pas de tomber amoureux, car l’amour c’est aussi très beau, mais comme tout ce qui est beau, ça vous éblouit et ça vous fait mal au yeux. C’est pour ça que souvent, on pleure après. »

 

La vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joel Dicker

 

« Ceux du village le pendirent tout de même parce que c’était un nègre. Sous son pantalon, son bas-ventre faisait encore une bosse dérisoire. »

J’irais cracher sur vos tombes, Boris Vian

 

Il fallait que je vous parle de ce livre, car c’est le seul bouquin que j’ai lu en une journée, tellement il est prenant.

Je l’ai trouvé chez Boulinier et j’ai tout de suite été attirée par sa couverture rouge pétante qui reflète à merveille ce roman censuré peu de temps après sa parution en 1949.

Sexe, viol, pédophilie, racisme, argent, sang. Voilà le programme.

Je vous le conseille fortement!!!

 

«Certains être, à mesure que le temps passe, deviennent de plus en plus libres: ils se redressent au lieu de s’affaisser. Il émane d’eux une énergie étonnante. Ils sont lumière pour qui les rencontre. J’aimerais savoir ce qu’ils ont fait des ombres de leur passé. De leurs regrets, de leurs déchirures. Comment ils s’en sont arrangés.
Parce qu’on n’oublie rien, je le sais ce soir. On n’oublie rien. Quand bien même on s’est efforcé du contraire: le passé vit en nous. Masse informe tapie au plus profond de soi, qu’on pourrait croire endormie…Alors, eux, ces êtres de lumières, comment font-ils?»

 

Puisque rien ne dure, Laurence Tardieu

 

 

-Quand on se sent malheureux, dit Sidney, on a l’impression qu’on l’a toujours été et on se souvient de toutes les mauvaises choses mauvaises et décevantes qui vous sont arrivées. Et quand tout marche bien, alors on a l’impression que la vie n’a jamais vraiment été si pénible que cela.

 

Rona Jaffe, Rien n’est trop beau

 

« Voici comment ça se passe: tu as 20 ans, tu déconnes un brin, et quand tu te réveilles tu en as 30.
C’est fini: plus jamais ton âge ne commencera par un 2. Tu dois te résoudre à avoir 10 ans et 10 kilos de plus que l’année dernière. Combien d’année te reste -il? 10? 20? 30? L’espérance de vie moyenne, t’en accorde encre 42 si tu es un homme, 50 si tu es une femme. Mais elle ne compte pas les maladies, les cheveux qui tombent, le gâtisme, les tâches sur les mains.
Personne ne se pose ces questions: En avons-nous assez profité? Aurions nous dû vivre autrement? Sommes nous avec la bonne personne, dans le bon endroit? Que nous propose ce monde? De la naissance à la mort, on branche nos vies sur pilotage automatique et il faut un courage surhumain pour en dévier le cours.
A 20 ans je croyais tout savoir sur la vie. A 30 ans, j’ai appris que je ne savais rien. Je venais de passer dix années, à apprendre tout ce qu’il me faudrait par la suite, désapprendre. »


F.Beigbeder, L’amour dure trois ans.

 

 

Il disait qu’il avait déjà eu le grand amour de sa vie, et qu’une autre histoire lui ferait l’effet d’une imposture. Il se sentait privilégié d’avoir vécu un tel amour, même si cela n’avait pas duré éternellement. Le véritable amour selon lui, est une chose que la plupart des gens n’ont pas la joie de connaitre durant leur existence, même en vivant centenaires.
On n’imagine pas qu’un scientifique pur et dur comme lui puisse être un si grand romantique. Et pourtant.
Parfois cela m’inquiète. Pas pour lui. Pour moi.
Je retourne dans ma chambre et m’assois devant la vieille machine à écrire Royale de ma mère. J’y glisse une feuille de papier.
J’écris « Le grand amour », puis ajoute un point d’interrogation. Et après?

 

Candace BushnellLe journal de Carrie

 

 

Quand on aborde la trentaine, en principe, on a appris à se mettre un bâillon sur la bouche. Se laisser aller comme les gamins, ça revient à passer tout de suite pour un taré. Essayez, vous verrez.

A notre âge, est ce qu’on peut encore dévaler une pente de gazon en se laissant rouler? Monter sur les toboggans ou les tourniquets, dans les squares? Ouvrir sa bouche quand elle est pleine pour montrer ce qu’il y a dedans, comme on faisait dans le dos du pion, à la cantoche? Est ce qu’on peut sauter à pieds joints dans les flaques? Soulever les jupes des filles sans que ce soit sexuel? Leur faire Pouêt Pouêt Camion? Pousser des cris de sioux dans la rue? Gueuler Na-na-na-na-na en se bouchant les oreilles, pour couvrir la voix de quelqu’un qu’on a pas envie d’écouter? Tirer la langue aux gens qui nous emmerdent? Dire tout haut « T’as vu la grosse dame? » Est ce qu’on peut bouder contre un mur, la tête calée dans le pli du coude? Donner des coups de pied ou tirer les cheveux? Ecrire des mots d’amour avec des coeurs autour et donner une gomme ou un bonbon en gage?
Quelques fois, je me dis que devenir adulte, c’est perdre pour toujours le droit de s’amuser.
Je ne tenterai plus jamais d’escalader le mur de la mairie, c’est sûr. Sauf en étant déchiré à la bière. Et même dans ce cas, je n’en suis pas certain. Je ne viderais plus ma tirelire pour faire ma collection d’images Panini. Je ne ferai plus le concours de celui qui pisse le plus loin. Je n’essaierai plus de devenir champion du monde de la plus grosse bulle en Malabar, avec des fils roses et poisseux collés jusque dans les cheveux.
Le Mérou et moi, on manque de maturité, peut être. Mais la maturité, ça précède un peu le début du pourrissement. On a bientôt trente ans. On voudrait l’oublier le plus longtemps possible. On est des bulles de chewing gum, nous aussi: plus on grandit, plus ça nous gonfle.

Peut être qu’on en crèvera.

Vivement l’avenir, Marie- Sabine Roger

 

«Le psychiatre que je vois pendant les quatre semaines des vacances de Noel est jeune, barbu; il conduit une 450 SL et possède une maison à Malibu. Je m’assois dans son cabinet de Westwood aux stores fermés, je garde mes lunettes noires, je fume des cigarettes, parfois aux clous de girofle dans le seul but de l’agacer, et parfois je pleure. Je l’injurie aussi et il me renvoie mes injures. Quand je lui dis que j’ai des fantasmes sexuels bizarres, je sens son attention croître notablement. J’éclate de rire sans raison, puis je me sens mal. Je lui mens parfois. Il me parle de sa maîtresse, des réparations en cours dans sa maison de Tahoe; alors je ferme les yeux et allume une autre cigarette en
grinçant des dents. Parfois je me lève tout
simplement et je m’en vais.»

Moins que zéroBret Easton Ellis.

 

 

«Quand j’ouvrais les yeux dans l’obscurité et que je te sentais à mon côté, je m’étonnais que les étoiles ne fussent pas au dessus de ma tête, tellement le ciel me semblait proche…»

 

Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig