Guillaume Musso

« Entre ces quatre murs glacés, je ne vois jamais le jour. Ici, la nuit est partout. Je plie, mais ne romps pas. Et je me suis dis que ce corps décharné et brûlé de plaques rouges n’est pas le mien. Je ne suis pas cette morte vivante au teint hideux de porcelaine. Je ne suis pas ce cadavre en faïence entre linceul et cercueil.

Je suis cette fille solaire qui court sur le sable tiède de Palombaggia. Je suis le vent qui fait claquer les voile d’un bateau en partance. La mer infinie de nuages qui donne le vertige derrière le hublot.

Je suis un feu de joie qui brûle à la Saint-Jean. Les galets d’Etretat qui roulent sur la plage. Une lanterne vénitienne résistant aux tempêtes. Je suis une comète qui embrase le ciel. Une feuille d’or que les rafales emportent. Un refrain entraînant fredonné par la foule.

Je suis les alizés qui caressent les eaux. Les vents chauds qui balaient les dunes. Une bouteille à la mer perdue dans l’atlantique.

Je suis l’odeur vanille des vacances à la mer et l’effluve entêtant la terre mouillée.

Je suis le battement d’ailes du Bleu-nacré d’Espagne. Le feu follet fugace qui court sur le marais.

La poussière d’une étoile blanche et trop tôt tombée. »

La fille de Brooklyn, Guillaume Musso

« -Les liens se font et se défont, c’est la vie. Un matin, l’un reste et l’autre part, sans que l’on sache toujours pourquoi. Je ne veux pas tout donner à l’autre avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête. Je ne veux pas bâtir ma vie sur les sentiments parce que les sentiments changent. Ils sont fragiles et incertains. Tu les crois profonds et ils sont soumis à une jupe qui passe, à un sourire enjôleur. Je fais de la musique parce que la musique ne partira jamais de ma vie. J’aime les livres, parce que les livres seront toujours là. Et puis… des gens qui s’aiment pour la vie, moi, je n’en connais pas.»

 

La fille de papier, Guillaume Musso