Body positivy

Le souvenir le plus lointain qui me revient, c’est lorsque j’avais 8 ans, devant le miroir de ma chambre, où je me scrutais d’un air embêté. Je voyais ces joues trop rondes, ce double menton et cet énorme ventre. Je savais déjà, à l’époque, que je n’étais pas « comme les autres petites filles ». J’essuyais parfois des « T’es grassouillette ! », mais ça ne m’atteignait pas plus que ça. J’ai eu la chance de profiter de mon enfance, j’étais ronde mais déterminée à m’amuser. J’avais même un amoureux secret (pas si secret) et ça, mine de rien, ça vous donne confiance en vous, à n’importe quel âge. Bref, étant gosse, même grassouillette, je me suis éclaté.

 C’est à l’adolescence que mon regard sur moi a changé, en moins bien. À l’âge de 14 ans, j’ai atteint mon poids maximal de 96 kilos, je me souviens alors, essayer des vêtements qui ne m’allaient pas, et pleurer, crier contre ce corps pas comme les autres qui me dégoûtait. Le reflet dans le miroir me donnait envie de vomir. Je me détestais.

Au collège, je me souviens me cacher derrière d’énormes baggys et sweats parce que ça dissimulait les bourrelets. Je me rappelle aussi essayer de manger moins, de manger mieux, même si c’était dégueu. Les grains de maïs avec deux tranches de jambon blanc, CI-MER. Je me rappelle rentrer chez moi pour faire une centaine d’abdos, parce que j’étais persuadée que ça ferait fondre mon gras. Je me souviens devoir me tenir droite et m’être même habitué à rentrer mon ventre, une habitude que je n’ai pas oublié.

 Puis ma vie a basculé, j’ai grandis et sans vraiment m’en rendre compte, ou en tout cas, sans grand effort, sans m’affamer, j’ai finis par perdre du poids. En quelques années, j’ai perdu 30 kilos. Je me sentais bien et fière.

Tout le monde me félicitait et m’admirait comme si j’avais guéri le cancer.

Pourtant, quand je me regardais, je me voyais encore énorme, trop grosse. J’avais encore 5 ou 6 kilos à perdre. Je n’avais pas atteint mon poids de forme et mon IMC était encore un peu trop haut, comme mon médecin me le rappelait si délicatement. Des kilos que je n’ai jamais perdus. À l’époque j’avais réduit les portions, mon estomac avait rétrécit au point d’être incapable de finir un McChicken.

Pourtant, même si j’avais réussi à atteindre mon but (perdre ces kilos de trop), je n’allais pas bien dans ma tête.

Pour finir de perdre ces kilos en trop, je me suis mise au sport, même si je n’ai jamais aimé ça. J’y allais 6 jours sur 7, 1h30 par jour de cardio. Je mangeais plus, aussi. Le résultat ne s’est pas fait attendre, en un mois, j’avais repris 5 kg. « C’est du muscle » qu’on me disait. Mais, je ne voyais que les chiffres sur la balance qui montaient aussi vite que le dégoût de moi-même.

15 kilos et des années plus tard. Je me trouve énorme de nouveau, je regarde les photos d’avant qui me font mal parce que j’étais belle et mince. (Deux choses qui allaient de pair, évidemment). J’étais décidée à reperdre ce poids. Redescendre au plus bas. Recommencez les régimes, faire tout le temps attention, bouger plus. Je n’y suis pas parvenu. Et mon mal-être était toujours là. C’était au moment de la montée d’Instagram, des model plus size, Candice huffine et Ashley Graham, qui assumaient leurs rondeurs, qui étaient ultra canon, sûr d’elles et tellement belles.

J’ai développé à ce moment-là une sorte de schizophrénie.

D’un côté, je voulais perdre ce poids, décidée à manger de la salade tous les jours, à m’affamer (mais je n’y arrivais pas). Je ne m’y tenais pas. De l’autre côté, une voix est arrivée me disant « Meuf lâche l’affaire, t’es en surpoids et alors ? T’es en bonne santé, c’est l’essentiel non ?« 

Puis, petit à petit, le miroir ne m’apparaissait plus comme un ennemi, même si la cellulite, les bourrelets disgracieux me faisaient encore frémir, parfois. J’ai commencé à m’aimer de plus en plus. Certains jours plus que d’autres. Mais ça allait mieux. Et je ne maigrissais toujours pas. Toujours aux prises entre la moi qui veut maigrir et l’autre qui veut juste s’aimer et s’accepter telle qu’elle est, j’ai fini par rejoindre le super dieu de la diète : Weight Watchers.

Mon moi de 20 ans, ce serait carrément foutu de ma gueule. Je me disais que c’était pour les gens désespérés, juste un attrape pognon. Pourtant, j’ai souscrit cet abonnement, après avoir vu des filles que je connais, pour qui ça a marché. J’étais décidée, pour de bon. Je me suis dit que payer tous les mois, 18€ me motiveraient. Et, ça a marché un temps, j’ai perdu 4 kilos, mais un ou deux écarts, et je remontais aussitôt. Mes conversations ne tournaient qu’autour du nombre de points de tel ou tel aliment, du prochain repas que je mangerais, combien ça me coûterais en points, quand est ce que je pourrais faire un écart. La nourriture est devenue une obsession.

Il faut savoir qu’avec WW vous avez un nombre de points à ne pas dépasser par jour, et en vous y tenant, vous perdrez du poids. Chaque aliment a sa valeur en points. Un œuf étant zéro, un bout de fromage étant 4 points. Je me suis donc appliqué à ne pas dépasser mes 23 points par jours, mais lorsque je dépassais mon quota, je sentais déjà cette énorme culpabilité m’envahir. Je me sentais mal et sans le vouloir, je repartais dans ce cercle vicieux malsain de dégoût de soi, de frustration et de déception. Je me pesais tous les jours, et selon ce que la balance affichait, je serais de bonne ou de mauvaise humeur. Souvent, ça ne me plaisait pas, j’avais envie de me baffer.

À deux doigts d’abandonner, j’ai eu la bonne idée d’acheter le livre de @bodyposipanda (une nana qui a vaincu l’anorexie, qui est passée par l’enfer, et a fini par devenir une influenceuse du mouvement body positive, notamment sur Instagram). Cette fille a fini de me convaincre pour de bon… D’arrêter les régimes qui ne marchent pas. 

D’arrêter de me peser tous les jours. D’arrêter de détester mon reflet. D’arrêter de me sous-estimer. Elle m’a appris de nombreuses choses comme par exemple le fait que 95% du temps les gens qui font un régime reprennent le poids qu’ils ont perdu, voir même plus. Elle m’a appris des choses que je savais sans vraiment savoir, comme le fait que c’est à cause de la société et des médias qu’on diabolise le surpoids et l’obésité. Elle m’a appris qu’on peut être gros et être en bonne santé…

Ce livre est une révélation, j’ai eu le déclic, enfin ! Pas celui que j’attendais depuis si longtemps, qui me ferait maigrir pour de bon, non, le déclic inverse : arrêtez les régimes définitivement.

Alors, je vous avoue que c’est tout nouveau pour moi. Cet état d’acceptation et de pleine conscience. Mais j’apprécie. Tous les jours, je me regarde et je m’aime, de plus en plus chaque jour. Mes bourrelets, ma cellulite, mes cuisses qui bloblotent… Je commence doucement, mais sûrement à apprécier tout ça.

Comme @bodyposipanda l’évoque dans son livre, je commence à accepter le fait que peut être le poids que j’ai aujourd’hui est mon poids de forme. Celui que je pèse depuis trois ans.

Je refuse de devoir me priver toute ma vie, de devoir faire attention toute ma vie. J’accepte que si j’ai envie de manger des Kinder, un Macdo et une Pizza, j’en ai le droit. Tout comme si j’ai envie de me gaver d’avocats ou de concombres. J’apprends qu’il n’y a pas de bons ou mauvais aliments. Que tous les aliments sont permis. J’apprends (plus difficilement) que ce n’est pas grave si je prends du poids. Tout comme ce n’est pas un miracle si j’en perds. Que le corps humain est une machine qui fluctue selon de nombreux paramètres et que l’affamer ne sert à rien surtout quand on est déjà en bonne santé.

Je dé-s’apprends tout ce que la société, les médias, mon entourage m’ont longtemps mis en tête au sujet du surpoids, les croyances débiles, les régimes miracles, et les pilules coupe-faim. Je finis doucement, par accepter que je ne ferais jamais un 36, mais plutôt un bon 42-44, et qu’en fait ça me va. Que l’essentiel, c’est que je sois en bonne santé et que Dieu merci, je le suis. Que plutôt que de flageller mon corps et le haïr, je devrais le remercier pour tout ce qu’il me permet de faire, tous les jours.

C’est un long chemin d’acceptation, de défaire toutes les choses auxquelles vous croyiez depuis si longtemps. Mais ce n’est pas impossible, puisque nombre d’entre elles et eux, y sont arrivé.

Je vous parle bientôt, plus en détails de ces bouquins qui changent la vie dont fait partie celui-ci. En attendant, si vous aussi vous avez des soucis avec votre image, vos complexes, voici quelques comptes Instagram totalement feel good qui doucement mais surement vous aideront à faire la paix avec vous vous-même. Franchement, on se doit bien ça !

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HELLO everyone 👋 we've got some new followers – it's so nice to have you join us! We thought we’d do a post introducing ourselves and what ADRC is all about… . ✊ Anti Diet Riot Club (ADRC) is a rebel community fighting back against DIET CULTURE, BODY SHAME & FAT PHOBIA. We’re on a mission to help people accept, respect and enjoy their bodies no matter what size, shape or ability. All bodies are worthy of this. Becky Young (@sloppy_spice, right) founded the club 2 years ago to bring the online body acceptance movement into REAL LIFE SPACES after the anti-diet community changed her life. Harri Rose @harri_rose_ (left) is a qualified body acceptance coach & published author. She brought her sass and sparkle to the club later in 2018 to help develop creative and mindset-shifting workshops. The club is also made up of incredible volunteers & freelancers (@welldefined_ @lucielouadams & many more!) who help bring our ideas and content to life – plus YOU FOLKS who support online or attend our events. On this journey we’ve now done almost 50 events, workshops & talks, crowdfunded £16k+ to build @theantidietriotbus (coming March!) and this Sunday 19th we’re throwing our BIGGEST EVENT YET #AntiDietRiotFest in London. We’re super excited to be working with some incredible speakers/facilitators who inspire us daily. We also wouldn’t be here without the radical, feminist, fat (and often queer/POC) activists and academics of the last 40+ years who paved the way for us and continue to educate us today 🙏 Head to www.antidietriotfest.co.uk for info about this Sunday. Thank you for being here. Why not drop us a hello and tell us where you're from below. Love ADRC ❤️

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